Les Hameaux Cimbriens du Cansiglio

Les Cimbres du Cansiglio sont une population d’origine germanique : ils se sont installés dans la région en 1799, provenant du plateau d’Asiago, où la langue cimbrienne a encore une certaine vitalité. Aujourd’hui, l’Associazione Culturale Cimbri del Cansiglio et le Museo dell’Uomo in Cansiglio (à Pian Osteria, dans la province de Belluno) promeuvent les traditions de cette minorité ethnolinguistique, reconnue par la loi régionale 73/1994 de la Vénétie. L’activité principale des Cimbres locaux était le travail du bois : artisans habiles et bûcherons, ils transformaient le bois de hêtre de la forêt du Cansiglio en rames pour la Sérénissime (« La forêt à rames de St Marc ») et en objets d’usage quotidien, tels que les scatoi (récipients de différentes tailles), d’où le nom de scatoleri, les tamisi (« tamis »), les brent (« maies de forme cylindrique »), les moneghe (« chauffe-lits »), les scandole (« bardeaux ») …

Un terme encore très présent dans la communauté est celui de huta : la hutte traditionnelle qui servait d’atelier à l’artisan cimbrien. La forêt du Cansiglio, qui s’étend entre les provinces de Belluno, Trévise et Pordenone, est également un patrimoine de biodiversité et est certifiée PEFC. En toute saison, il est possible de suivre un large choix de sentiers : à pied, en raquettes, en VTT. La forêt, habitat idéal pour les cerfs et les chevreuils, ainsi que les traditions des Cimbriens de Cansiglio sont les protagonistes du court-métrage du réalisateur Loris Mora Caterina e il magico incontro. Katherine un dar söndorste bènnanzich à savoir « Catherine et la rencontre magique » (Il dettaglio cinematografico, 2012), qui évoque l’atmosphère de conte de fées des villages cimbriens.

Du Musée de l’Homme en Cansiglio à Pian Osteria (Belluno)

En ce qui concerne le nom « Cimbres », comme le fait remarquer Umberto Matino, qui a consacré une monographie aux Cimbres, il convient de dissiper toute confusion possible:

C’est en raison de leur dialecte que les nouveaux arrivants ont été appelés thodeschi, teutonici ou alemanni, et c’est sous ces appellations qu’ils ont commencé à apparaître dans les documents anciens qui relataient leur présence. À leur arrivée, les immigrants ne s’appelaient pas ainsi, mais comme ils s’occupaient d’abord de l’exploitation forestière et du travail du bois, ils se disaient « charpentiers », un mot qui, dans leur dialecte, correspondait au terme Tzímber, Zímberer. Dans le contexte latino-vénitien où ils se sont installés, le son Tzímber s’est rapidement transformé en Cimbre. Cela a créé une simple assonance avec le nom de l’ancien peuple des Cimbres […]. Lorsque l’on parle des Cimbres des montagnes vénéto-trentines, il faut donc bien préciser qu’ils n’ont rien à voir avec les Cimbres de l’époque romaine, ni avec d’autres descendants plus intrigants des Celtes, les Raeti, les Tigurini, les Goths ou les Huns. 1

Actuellement, les localités cimbriennes les plus connues sont la zone des sept communes de Vicence, la zone des treize communes de Vérone et l’enclave de Luserna. La langue cimbrienne est d’origine bavaroise et constitue l’une des variétés dialectales les plus archaïques de la langue allemande. On la chercherait en vain en Allemagne, en Autriche ou en Suisse. Ces trésors sont principalement constitués par les dialectes walser du Nord-Ouest de l’Italie et les dialectes cimbriens du Nord-Est de l’Italie. 2

Les Cimbres du Cansiglio font partie des communautés adhérentes au Comité uni des îles germaniques linguistiques historiques d’Italie, fondé en 2002 pour promouvoir les langues et les cultures des communautés germaniques installées dans les Alpes italiennes:

  • Walser de Gressoney et Walser d’Issime du Val d’Aoste;
  • Walser du Piémont (Campello Monti, Rimella, Carcoforo, Alagna Valsesia et Formazza);
  • Mochènes et Cimbres de Luserna dans le Trentin
  • Cimbres des Treize Communes, Cimbres des Sept Communes et Cimbres du Cansiglio en Vénétie;
  • Sappada, Sauris, Timau et Valcanale dans le Frioul-Vénétie Julienne.3

Une « île linguistique » est définie comme « une colonie ou une communauté linguistique fermée et relativement petite située dans une zone alloglotte plus vaste » 4. L’étude de ces dialectes présente un intérêt particulier, principalement pour deux raisons:

  • Les dialectes des îles linguistiques restent souvent plus proches des stades archaïques de la langue;
  • Lorsque la langue locale des migrants devient un vecteur de culture et d’innovation, des phénomènes de contact se produisent, documentant l’adaptation d’un vocabulaire moderne dans la langue des migrants par le biais d’emprunts inédits.

L’île cimbrienne des Sept Communes est née dès 1100, grâce à des colons venus du Tyrol, tandis que la colonisation des régions du Nord-Ouest de l’Italie, de la Suisse et de la France, à partir du XIIe siècle, est due à des groupes de Walser venus du Valais (la haute vallée du Rhône). En ce qui concerne les communautés cimbriennes, nous disposons d’une tradition écrite qui remonte à la publication du premier catéchisme cimbrien en 1602. Voici quelques lexèmes du cimbrien des Sept Communes (assimilé au cimbrien du Cansiglio, dont la toponymie subsiste en grande partie) tirés du Trésor des langues germaniques en Italie: de tàberna (« le restaurant »), de hütta (« le refuge »), de sàketa (« le cartable »), dar roplàan (« l’avion »), ‘s busraat / de rodala (« le vélo »), de milch (« le lait »), de sòkkala / de sòkkel (« les sabots »), sàufalan (« pelleter »), de sàit (« le temps »), dar orlòjo (« la montre »), dar nébel / de böora (« le brouillard »), dar snea (« la neige »), ‘s ais (« la glace »), de klòkka (« la cloche »), de khércha (« l’église »), ‘s Noje Jaar (« le Nouvel An »), de Nainacht (« Noël »), gabàllant (« agréable »), ungabàllant (« désagréable »), liiban (« aimer »), haban béetag bon hòome (« être nostalgique »), söon (« beau »), de ombrèela (« le parapluie »), dar rukzakh (« le sac à dos »), ‘s beghele (« le chemin »), dar billarokso (« le cerf »), dar bolf (« le loup »), dar pèero (« l’ours ») ‘s ree (« le chevreuil »), dar bòoghel (« l’oiseau »), de bespa (« la guêpe »), ‘s bassar (« l’eau »), berch (« le bois »), golt (« l’or »), bàis (« blanc »), sbartz (« noir »), arancio (« orange »).

Le Musée de l’Homme en Cansiglio le jour de la Saint-Oswald

En Cansiglio, les lexèmes cimbriens suivants sont encore couramment utilisés aujourd’hui (le mot rusak, « sac à dos », est particulièrement utilisé):

  • bait (« lit, hutte, maison »)
  • barba (« oncle »)
  • baruc (« épinards sauvages »)
  • burza (« souche, racine »)
  • cuz (« poulailler »)
  • friko (« fromage »)
  • laip (« auge pour nourrir les porcs » : en cimbrien, laip signifie « vie » et « nourriture nécessaire à la vie »)
  • madona (« belle-mère »)
  • poiat (« tas de charbon »)
  • raus (« va-t-en ! »)
  • rusak (« sac à dos »)
  • sbrica (« fissure »)
  • scuria (« fouet »)
  • sesola (« faucille »)
  • slepa (« gifle »)

C’est aussi le cas de termes techniques relatifs à l’activité dans laquelle les Cimbres excellaient, à savoir le travail du bois : aster (« grume de hêtre travaillée »), ‘s ciapar (« amincir, lisser avec un couteau à deux poignées »), ‘sciolpe (« copeaux provenant du travail du hêtre »), slire (« pierre à aiguiser »), stela (« petit morceau de bois »), stiga (« échelle pour travailler les planches de hêtre »), trabakai (« coins en bois pour travailler l’aster »), zighel (« petit coin en bois ») 5.

La borne de Le Gatte di Tambre, portant les dates de 1589 et 1790, imposée par Venise
Les initiales font référence au « Proveditor de Boschi da Reme » : par exemple, FC signifie Federico Contarini.6

Des traces de la langue cimbrienne sont également perceptibles dans la toponymie du Cansiglio:

  • – Prandarola (toponyme : « carrière de pierres avec une petite source », du cimbrien pronlle, diminutif de pronno, « source/fontaine »);
  • Valòrch : de la morphologie du sol (du cimbrien Tall, « vallée » et òrch, « profond » ou « épouvantail »). Il s’agit d’un village cimbrien situé à l’extrémité du Vallon du même nom qui descend du Mont Millifret. « Une fable locale rappelle qu’en des temps reculés, dans le Vallon de Vallorc, il y eut une apparition du diable (tafarièli) au milieu de la nuit, évoquée par défi par des jeunes de Fregona » 7. Autour de Valòrch, quelques micro-toponymes8 méritent d’être mentionnés, bien qu’ils ne soient pas présents dans la cartographie, tel que Vàl-dei-Slancàai (cf. dial. slancài « escargot »), Vàl-dei-Médoi (cf. dial. Mèdol « moelle ») et Vàl-de-Jàn (cf. dial. . Jàn Jàn « Jean »);
  • Taffarel (route) : du cimbrien toifel (« diable ») et désignant une zone infestée par la foudre lors des orages;
  • Col dar : « colline sèche », du cimbrien dar (« aride, sec »);
  • Farra d’Alpago: cf. lombard fara, une entrée liée au germanique faran ( « aller par les moyens de transport »), se réfère à une implantation initialement de nature militaire;9
  • Fregòna : d’un anthroponyme germanique : cf. germanique Fridrich, plus tard Frigo, d’où l’accrescitif Frigón; 10
  • Queue de l’Iasen : de phytonyme, cf. dial. Jàsen, jàsena « myrtille »11
  • Piàn Ostarìa: du nom commun : cf. dial. ostarìa, « auberge ». Dans le petit village, fondé par les Cimbres, il y a maintenant une taverne appelée en cimbrien Huta (de l’allemand Hütte, « cabane »), comme mentionné plus haut, la cabane où travaillait l’artisan cimbrien 12
  • Le Róte : du nom adjectif, cf. dial. Róte, « cassées », se référant à des fissures dans le sol. Le village Le Rotte, affecté à la domination de Fregona, a été fondé par les Cimbri;13
  • Tàmbre : à partir d’un nom commun, cf. préroman *tamara « bourgeon », « pousse », transformé ensuite en « barre » et, plus tard, tàmar, tàmbro, tàmber «clôture en bois avec des barres, palissade»14
  • Trói : en Cansiglio indique un « chemin » (cf. Vénétie centrale trózo < gallico trogjum). De nombreux trói sont attestés en Cansiglio, dans des cartes géographiques et des documents actuels et d’époque. Par exemple, Troi delle Mule, Troi del Bottolo, Troi de Posoc… « Parmi les trói, il y a celui du Mazaról, “bizarre petit sauvage vêtu de rouge”. Le chemin, né de l’imagination populaire, ne mène nulle part, ou s’interrompt brusquement : ceux qui l’empruntent se perdent dans la forêt. Métaphoriquement, c’est le chemin de l’inquiétude existentielle ; sémantiquement, il renvoie au mot allemand Holzweg ‘chemin de bois’ » 15.

Cette toponymie acquiert une nouvelle vitalité dans les poèmes en italien de l’auteur cimbrien du Cansiglio Franco Azzalini:

CAMMINATE INVERNALI
 
Nell’inverno sono solo
a Vallorch, borgo selvaggio.
Non ho tema, non ho duolo
ché del sol pur giunge il raggio.
 
All’argentea pura luce,
salgo al bosco di mattino.
Pensier triste si riduce
e sen va mentre cammino
[…]16

IL VALLON DI VALLORCH
 
Quel vallone lungo e stretto
attraversa la foresta.
Il ghiaioso, aspro greto
spesso l’acqua lo dissesta.
 
È profondo e silenzioso,
ombreggiato e ben selvaggio.
Nell’inverno è tenebroso,
ché non entra un solo raggio.
 
Per il gelo ho sentita
qualche pianta che scoppiava.
Attraverso la ferita,
la sua anima mostrava.
 
Il legname nell’inverno
con la slitta trasportavo.
Sulla neve in quell’inferno,
verso valle lo trainavo.
 
Il gran freddo ho sopportato,
e di neve il turbinìo.
Già ragazzo ho faticato
per avere un pane mio.
 
                                      200217

LE ROTTE
 
Un bel piccolo villaggio
è s’un colle tutto ornato
d’alti alberi di faggio,
che “Le Rotte” vien chiamato.
 
Sono Cimbri gli abitanti,
son d’origine Alemanna,
ingegnosi e praticanti
l’arti antiche di Roana.
 
“Scatoler” mestiere antico,
più non viene praticato.
Né per fuoco o per nemico,
mai quel luogo hanno lasciato.
 
Pochi san che su quel colle
son casette sì graziose,
tutte in legno, civettuole,
nell’inverno silenziose.
 
Sono anche gli orticelli
con intorno tante ortiche.
Freschi cavoli e piselli,
cibo son per bestie amiche,
 
quali lepri e caprioli,
che d’intorno, indisturbati,
stan tranquilli tutto il giorno
nell’alt’erbe accovacciati.
 
Notte fresca e silenziosa,
grande, dolce, pace infonde.
Qualche nota lamentosa:
geme il gufo tra le fronde. 

In stagion fredda e nevosa,
ad abitarvi, con coraggio,
è sol Elia, la graziosa:
gran regina del villaggio.
 
                                  199818

IL MONTE MILLIFRET
 
La sua cima è la più alta
della foresta del Cansiglio.
Di lassù chi intorno guarda,
pensa: “Mi meraviglio”
 
di veder cose sì varie,
paesaggi tanto diversi:
monti, laghi, mare e sabbie,
da descriver non potersi.
 
A sud si vede, coltivata,
la pianura Trevigiana.
Più lontana, lieve e sfumata,
la laguna Veneziana.
 
In basso, a nord, son due laghetti:
celestini, limpidi, belli,
circondati da boschetti,
casettine e praticelli.
 
Tale luogo è dentro proprio
alla catena Prealpina.
Poco sopra, a vista d’occhio,
è la più grande: quella Alpina
 
con sue vette scintillanti
che raggiungon i rocciatori,
e pareti strapiombanti
dai svariati bei colori.
 
Intorno son diversi prati
dove pascon lieti armenti.
I suoni dei lor campanacci
Vibran in quei luoghi silenti.
 
Sullo sfondo il Monte Cavallo,
con vicin la Palantina.
Sono alti più d’ogn’altro
e spesso bianchi per neve e brina.
 
A levante è la foresta,
d’abeti e faggi, verde e fitta,
che tanto manifesta
luogo di pace e vita.
 
                            200019

L’un des hameaux fondés par les Cimbres du Cansiglio est mentionné dans les poèmes : Vallorch (fondé en 1798 par Domenico Azzalini), dont l’étymologie pourrait également remonter au mot allemand Orkan (« ouragan »), désignant ainsi la « vallée de l’ouragan ». Les autres toponymes indiquant les hameaux cimbriens du Cansiglio sont les suivants:

  • Pich (fondé en 1823 par Matteo et Giovanni Bonato), dont l’étymologie serait liée à un terme allemand désignant un « lisseur de plantes »;
  • Pian Canaje (fondé en 1894 par Costantino Gandin, originaire d’un village antérieur : Canaje Vecio), dont l’étymologie fait probablement référence à un lieu où l’on trouve des roseaux;
  • Pian Osteria (fondée en 1887 par Eugenio et Cristiano Azzalini, originaires d’un village antérieur, Val Bona);
  • Campon (fondé en 1869 par Clemente Azzalini, originaire du Val Bona);
  • Le Rotte (fondé en 1890 par Pompeo Azzalini, originaire du Val Bona)20.

La zone se caractérise par une conformation géologique qui entraîne des réactions chimiques libérant des hydrocarbures gazeux, facilement inflammables : ce phénomène explique l’étymologie du Bus de la Lum (« le trou de la lanterne »)21.

L’association culturelle des Cimbri du Cansiglio a également publié un guide pratique intitulé Il Cimbro per i Turisti (« Le Cimbrien pour les touristes ») 22 da cui riportiamo alcune espressioni:

Bienvenue!Boolkhent!
Bonjour!Guuten takh!
Bonsoir!Guuten aabend!
Au revoir!Bar ségan-sich!
Bonne chance!Viil galükke!
Je voudrais un café.Ich bill trinkhan an kafé.

Les mots du folklore conservent également des traces de l’héritage culturel cimbrien. C’est le cas des personnages mythologiques dont on trouve des variantes surtout dans les régions de Trévise et des Dolomites, comme Mazaról et Anguana. Le premier correspond à un lutin des vents : un elfe bondissant au chapeau rouge. Il serait caractérisé par des cheveux emmêlés et des chaussures pointues et laisserait ses empreintes sur les chemins pour que les promeneurs se perdent. Dans l’iconographie populaire, il apparaît équipé d’un marteau en bois avec lequel il frappe les arbres et est enclin à faire des bêtises, comme cacher des outils et attacher la queue des animaux.23 La figure de l’Anguana, en revanche, fait référence à une sirène dolomitique, dont l’étymologie est liée au latin anguis (« serpent ») : le terme désigne une créature aquatique, une sorte de mélusine, habitant les rivières et les lacs, également présente dans les légendes des provinces du Vicentin et du Véronais, souvent représentée en train de laver le linge ou avec des pattes de chèvre (comme dans un dessin de Titien). Il s’agit d’une figure qui est répandue dans le folklore des Dolomites, ainsi qu’en témoigne le recueil de légendes réunies par Wolff:

La Croda Rouge
Entourée de pics pâles, il existe une montagne qui a la couleur du feu. Située au Nord de Cortina, elle est appelée Cima Alta par les habitants de la vallée de Pusteria et Croda Rouge par les Ampezzans. Dans la nuit des temps, cette montagne était aussi pâle que les autres sommets des Dolomites, et ce n’est pas pour rien qu’elle a pris par la suite sa couleur rouge ardente actuelle. Dans le récit suivant, vous trouverez la narration de ce qui s’est passé.
Les rochers de ce pic sont sillonnés d’un nombre infini de ravins et de grottes habitées, ces dernières, par de nombreuses marmottes. Dans l’une des plus grandes grottes vivait une vieille Anguàna : une de ces femmes des bois et des rivières que l’on rencontrait dans les montagnes ou dans les ruisseaux. D’autres Anguàna vivaient dans les étangs plus au Nord. […]24

On peut aussi parcourir les sentiers du Cansiglio grâce à une application pour smartphone qui a été créée par deux écoles de Belluno : l’ITE Calvi de Belluno et l’institut Follador. Elle s’appelle Hutapp, en souvenir de la cabane-atelier de l’artisan cimbrien, et est disponible en plusieurs langues pour aider les promeneurs à s’orienter dans un itinéraire de 14 kilomètres.

Le Palazzo Lisandri (XVIe siècle), qui abrite le musée de la Maison de l’Alchimiste à Valdenogher di Tambre

Une curiosité : en Cansiglio, il est également possible de visiter le palais Lisandri, appelé ainsi probablement en raison des origines alexandrines de son propriétaire, un alchimiste du XVIe siècle qui s’y réfugia pour échapper à une accusation de sorcellerie. Construit sur trois étages, le bâtiment rappelle les trois phases de l’œuvre alchimique : Nigredo (où se trouve l’Athanor), Albedo (la luminosité est assurée par une fenêtre vénitienne à meneaux qui est une métaphore de l’innocence retrouvée) et Rubedo (l’intégration des opposés par le vide). Au-dessus du laboratoire où se trouve l’Athanor, on peut visiter une « pièce hors du temps », contenant une typique petite armoire alchimique. La façade, au-dessus de la fenêtre centrale, montre l’effigie de Polia, l’hermaphrodite de l’Hypnerotomachia Poliphili.

Le cabinet alchimique dans la « salle hors du temps » du Palazzo Lisandri

  1. Umberto Matino, Cimbri, Pordenone, Biblioteca dell’Immagine, 2022, pp. 40-41. ↩︎
  2. Luca Panieri, de Zimbrische Zunga von Siban Komaün. Grammatica della lingua cimbra dei Sette Comuni , Roana (Vicenza), Istituto di Cultura cimbra, 2022, p. 21. ↩︎
  3. Ingeborg Geyer, Marco Angster, Marcella Benedetti, Il tesoro delle lingue germaniche in Italia. Wortschatz aus den deutschen Sprachinseln in Italien , Luserna (Trento), Comitato Unitario Isole Linguistiche Storiche Germaniche in Italia, 2014, pp. 8-9. ↩︎
  4. Ibid., p. 13. ↩︎
  5. Documentation aimablement fournie par l’association culturelle Cimbri del Cansiglio. ↩︎
  6. Voir https://www.cansiglio.it/index.php/storia1/confinazioni1874-75 ↩︎
  7. Pier Franco Uliana, Toponomastica cansigliese. Ipotesi di ricostruzione della base etimologica dei nomi di luogo del Bosco del Cansiglio, Vittorio Veneto, Dario De Bastiani Editore, 2014, p. 144. ↩︎
  8. Voir Ivi. ↩︎
  9. Ibid., p. 99. ↩︎
  10. Ibid., p. 103. ↩︎
  11. Ibid., p. 107. ↩︎
  12. Ibid., p. 117. ↩︎
  13. Ibid., p. 131. ↩︎
  14. Ibid., p. 138. ↩︎
  15. Ibid., p. 141. ↩︎
  16. Franco Azzalini, Biografia del bosco. Cansiglio, terra cimbra, in forma di poesia , Villorba (Treviso), Eurocrom 4, 2012, p. 25. ↩︎
  17. Ibid., p. 22. ↩︎
  18. Ibid., pp. 57-58. ↩︎
  19. Ibid., pp. 93-94. ↩︎
  20. Sergio Sacco, La piccola colonia di Cimbri, «Tzímbar bínt. Vento Cimbro», 2022, 8, pp. 17-23: qui p. 21 ↩︎
  21. Tiziano Fiorenza – Umberto Sarcinelli, Cansiglio. La foresta della storia. Cansiglio. A forest steeped in history , Udine, Tiglio edizioni, 2021, p. 54. ↩︎
  22. Remigio Geiser, Il Cimbro per i Turisti. Zimbrisch Gaprècht vor Vrömade. Un manuale pratico di conversazione turistica , Tambre (Belluno), Associazione Culturale dei Cimbri del Cansiglio, 1997. ↩︎
  23. Elena Righetto, Folklore e magia popolare del Veneto, Orvieto (Trapani), Intermedia Edizioni, 2023, p. 127. ↩︎
  24. Karl Felix Wolff, Leggende delle Dolomiti. Il Regno dei Fanes , trad. di Clara Ciraolo, Gladys P. Marchesi e Luigi De Lisa, Milano, Mursia, 2020, p. 11. ↩︎
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